Décryptez le profil de vos apprenants pour booster votre formation

 In Blog Digital Learning

En digital learning, la définition et la caractérisation d’un apprenant est fondamentale pour espérer transmettre des connaissances et compétences et obtenir une progression. Les formations s’adressant à tous ne s’adressent en fait à personne en particulier et si, lors d’un présentiel, le formateur peut adapter son discours, sa méthode et ses inputs selon les participants (dans la mesure d’une classe), il n’en sera pas de même en distanciel.

Pour être pleinement efficace, un dispositif de digital learning doit être ADAPTÉ à la personnalité et aux capacités intellectuelles et cognitives du groupe d’apprenants ciblé. Afin d’aboutir à une approche pédagogique cohérente et structurée, il convient ainsi de se poser les bonnes questions en amont sur le profil des apprenants.

Tout d’abord sur ses capacités d’apprentissage :
– Depuis combien de temps n’a-t-il pas suivi de formation ?
– Maîtrise-t-il les méthodes et les outils pour favoriser son apprentissage ?
– Quel est son usage des outils numériques ? Quelle est son autonomie devant une interface ?
– Quel est le temps d’attention possible sur écran ?
– Quel volume de données est-il capable de mémoriser ?
– L’apprenant reconnaît-il et comprend-t-il les concepts et représentations abstraites ?
– L’apprenant est-il capable de s’auto évaluer, d’adopter une démarche critique ?
– L’apprenant est-il seul ? Pourra-t-il partager cette expérience de formation ?

Ensuite, sur ses capacités d’expérimentation :
– Quel laps de temps entre la fin de sa formation et la possibilité d’exploiter les nouveaux savoirs ?
– Quelle articulation entre formation distancielle, présentielle et expérimentation réelle ?
– Quelles feedbacks sont prévus et par quels moyens ?
Chaque profil d’apprenant possède un intellect différent constitué de différentes formes d’intelligence, fruit de son expérience, de sa formation, de son contexte familial et environnemental, de sa sensibilité, de ses sens…

 

Règle n°1 : Apprendre à détecter les préférences cérébrales de ses apprenants

L’enjeu est ici de comprendre la manière dont chaque individu mémorise le contenu selon ses « préférences cérébrales » : une notion très utilisée en psychologie du travail et qui fait souvent l’objet d’études par les cabinets de recrutement.
Le Profil de préférences cérébrales Herrmann, tiré des théories du manager américain Ned Herrmann (1922-1999), vise à identifier les modes préférentiels de traitement de l’information des individus en situation normale et en situation de stress. Il n’existe pas de bon ou de mauvais profil, tout individu porte en lui un peu de chaque. Mais de manière générale, un profil ressort plus que les autres, notamment en situation tendue.

Mode de pensée analytique : il s’agit d’un profil logique, factuel, critique, technique et quantitatif.
• Points de force : compile les faits, analyse, argumente rationnellement, formule des théories, mesure précisément, résout les problèmes logiquement, raisonne, comprend les éléments techniques, analyse critique, travaille à partir de chiffres, de statistiques, est précis.

Mode de pensée séquentielle : il s’agira ici d’un individu prudent, structuré, qui aime les choses organisées, détaillées et planifiées.
• Points de force : remarque les défauts, approche les problèmes pratiquement, va jusqu’au bout des choses, développe des plans détaillés et des procédures, envisage les problèmes sous l’angle du planning.

Mode de pensée interpersonnel : il s’agit ici d’un profil interpersonnel, émotionnel, spirituel, sensible, kinesthésique.
• Points de force : comprend les difficultés relationnelles, anticipe le ressenti des autres, comprend intuitivement le ressenti des autres, perçoit des éléments non verbaux issus du stress, engendre l’enthousiasme, persuade, concilie, enseigne, partage, comprend les éléments émotionnels, prend en compte les valeurs.

Mode de pensée imaginatif : holistique, intuitif, intégratif, synthétique et conceptuel.
• Points de force : Lit les signes du changement, voit les choses globalement, reconnaît les nouvelles possibilités, tolère l’ambiguïté, intègre les idées et les concepts, défie les règles établies, synthétise les éléments divers en un nouveau tout, invente des solutions nouvelles, résout les problèmes de manière intuitive, intègre en simultané différents inputs.

 

Règle n°2 : Connaître le profil informatique de l’apprenant

Que l’on s’adresse à des apprenants de la génération X ou à de jeunes cibles, il est de bon aloi de comprendre à quel type de « Surfeur » avons-nous à faire. L’adaptation de l’outil au type d’usager favorisera son acceptation et la motivation à suivre, comprendre et mémoriser son contenu.

La souris « momie » : Il s’agit d’un utilisateur peu pratiquant des interfaces digitales. Il fait partie de la génération X ou précédente. Son usage du numérique peut-être laborieux. Par conséquent, il peut rester figé plusieurs secondes devant un écran qui ne lui indiquera pas clairement sur quel objet cliquer (boutons suite, tutoriel au début de l’expérience…) ou dépourvu d’inputs sonores et/ou visuels incitatifs (Boutons clignotants, voix « Cliquez sur suivant » …). Sage et patient, trop sans doute, cet usager peut finir par se déconnecter pensant que « ça ne marche plus ». Il préfère plutôt les relations interpersonnelles et la formation présentielle.

La souris « folie » : Cet utilisateur, peu expert des nouvelles technologies, se montre impatient lorsqu’il est confronté à ce qu’il ne maîtrise pas. Il recherche des solutions évidentes et rapides. Il clique vite, trop vite, partout. Son impatience génère des bugs, des comportements non prévus par les développeurs. Au fur et à mesure que le sablier tourne (à cause de ses clics furieux et irréfléchis), il s’agace et se détourne d’un outil qu’il ne comprend pas, qu’il ne maitrise pas avec l’idée que « cela ne fonctionne pas » et qu’il irait beaucoup plus vite sans tous ces « machins informatiques ».

La souris « orthodoxie » : Il s’agit d’un utilisateur quotidien et avisé du numérique. Il a développé une connaissance fine des usages et des conventions de l’Internet. Il navigue aisément dans les interfaces mais ne s’aventure jamais en dehors des balisages conventionnels et apparents de l’interface. Vert je passe, rouge je m’arrête…difficile de proposer une expérience originale ou trop exploratoire à ce type d’usager. En maitrise du conventionnel, son orthodoxie pourra lui faire détester les l’excès de créativité de l’ingénieur pédagogique ou du graphiste.

La souris « anarchie » : Il s’agit d’un utilisateur hyper expert des nouvelles technologies. Issu des dernières générations, il privilégie le digital comme moyen d’accès aux loisirs, à la culture, aux relations interpersonnelles. Il maîtrise les différents displays qu’il utilise plusieurs heures par jour, voire en quasi-permanence. Il est un usager explorateur qui n’a pas besoin de guide et s’adapte très vite à n’importe quelle interface. Il progresse vite car il n’a pas de règles établies. Il préfère la liberté de consulter ce qu’il veut, de progresser comme il le veut. Il déteste la contrainte et les interfaces stéréotypées et trop conventionnelles. Il utilise tous les boutons et fonctions de la souris qu’il programme pour aller plus vite. Certains d’entre eux n’utilisent plus la souris au profit du clavier qui devient un prolongement nerveux de leurs prises de décision réflexes.

Si l’on ne parle plus aujourd’hui de fracture numérique, c’est peut-être parce qu’elle n’est plus devant nous mais que nous la vivons depuis l’avènement du smartphone et des applications pour tout faire. Une majorité de la génération X est passée au digital, malheureusement quelques un résistent ou ont renoncé. Ce public est difficile à mobiliser en Digital Learning car l’outil internet est souvent un facteur dissuasif. Inversement, les jeunes publics très connectés ne se contentent pas facilement d’interface vieillissante et de médiatisation basiques. Leur démotivation à l’usage de ce type d’outil est aussi forte que le public précédent.

 

En conclusion

L’analyse du profil de l’apprenant, ses capacités d’apprentissage, ses formes d’intelligence, ses préférences cérébrales permet de reconnaître ses attentes. Elle permet également de comprendre quels seront les outils pédagogiques les plus efficaces pour favoriser la mémorisation et améliorer l’expérience de formation de vos apprenants, eu égard au but visé.
Ayez toujours en mémoire que l’apprenant assujetti systématiquement à une seule et même démarche pédagogique se fatigue vite face à l’apprentissage. Afin d’éviter d’installer une routine et une forme de démotivation, il est important de construire une stratégie pédagogique basée sur des démarches et outils variés.

 

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